Les psychothérapies prises en charge par l’Assurance Maladie ?

par | 15 Oct 2018

Faut-il considérer ce chiffre comme normal, admis ? En France, 950 000 personnes se voient prescrire des psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, …). 70 % en consomme pendant moins d’un an. Or selon la CNAM beaucoup de ces cas « correspondent à des états dépressifs légers pour lesquels un traitement médicamenteux ne doit pas être systématique et une psychothérapie (…) recommandée en première ligne ». La Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) considère en effet qu’il faut moins recourir aux antidépresseurs et aux anxiolytiques afin d’améliorer la prise en charge des patients.

Si la psychothérapie est désormais préconisée en première intention par les recommandations françaises et internationales, c’est parce que son efficacité est reconnue. Elle est à présent située au même niveau d’efficacité que les médicaments par la Haute Autorité de Santé. C’est une révolution culturelle.

Pour autant, seules les consultations réalisées par un médecin psychiatre, sous prescription médicale, sont remboursées par la Sécurité sociale au taux de 70% ; le reste à charge pouvant être couvert par la complémentaire santé de l’assuré. Le médecin psychiatre apporte un soutien indéniable lors de ses consultations. Mais il est important de savoir, pour un patient, une patiente, que ce soutien n’offre pas un véritable travail de fond, de psychothérapie. Celui-ci étant réalisé le plus souvent par les psychologues, les psychothérapeutes, ou certains psychopraticiens.

A ce jour, les psychologues et psychothérapeutes dont je suis, ne peuvent toujours pas offrir le remboursement à 70% de la consultation. Une expérimentation est néanmoins en cours depuis mars 2018 dans quatre départements (Haute-Garonne, Morbihan, Bouches-du-Rhône, Landes) et s’adresse aux patients de 18 à 60 ans présentant des troubles en santé mentale, d’intensité légère à modérée, sans condition de ressources. Ceux-ci sont adressés par leur médecin traitant et pris en charge par les psychologues ou psychothérapeutes agréés.

Un bilan positif de ces prises en charge pourrait permettre une généralisation du dispositif à l’échelle nationale…En attendant, heureusement certaines mutuelles ouvrent la voie au remboursement partiel pour les psychothérapies.

J’ai pour ma part la conviction que le remboursement facilitera l’accès aux soins de nombreuses personnes traitées essentiellement à ce jour via des psychotropes.